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Publié le : 25-09-2026
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Type : Projet
Lundi 27 juillet 2026, l'Hôtel Karam Palace de Ouarzazate a accueilli l'atelier de clôture du Projet d'Amélioration des Performances du Secteur Agricole (PAPSA).
Parmi les 72 participants, de nombreuses personnes impliquées dans ce projet - exploitant.e.s agricoles de la commune de Ghassate, représentant.e.s d’organisations professionnelles, de collectivités territoriales et des services techniques de l'État - sont venus partager les résultats obtenus, les enseignements tirés et les perspectives de diffusion et de pérennisation d'une dynamique engagée depuis la phase pilote de 2014.
Au démarrage, seule une poignée de familles pilotes avait accepté de tester de nouvelles pratiques agricoles aux côtés d’Agrisud International, de la Fondation Norsys et de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de Ouarzazate (ORMVAO). Ce 27 juillet, ce sont 700 familles - 862 producteurs et productrices, dont 66 % de femmes, réparties dans 21 villages de la commune - qui se reconnaissaient dans les résultats présentés en séance.
Temps fort de la matinée, la restitution d’un arbre d’impact participatif, construit en amont avec les acteurs du territoire, a permis de retrouver sous une forme visuelle et collective ce que ces neuf années ont produit : des exploitations familiales plus résilientes, des filières plus performantes, une dynamique territoriale engagée. Un arbre dont les racines - confiance, collaboration, savoir-faire local - et le tronc - participation, apprentissage, solidarité - rappellent que les résultats chiffrés du PAPSA reposent avant tout sur des relations de travail construites dans la durée.
« Ce projet est innovant, pertinent, efficace. Porté à petite échelle, il devrait être répliqué et passer à l’échelle », a indiqué la représentante de l’AFD - principal bailleur du projet depuis 2017 - dans son intervention vidéo.
Un constat partagé par l’IRAM, chargée d’évaluer le projet : « Le PAPSA laisse aujourd’hui, bien plus que des réalisations visibles : des compétences, des réseaux de coopération et des habitudes de travail collectif. »
Malgré une succession de crises qui ont durement marqué le territoire - sécheresse persistante, pandémie de Covid-19, séisme d’Al Haouz en 2023, inondations de 2024 - l’évaluation retient que le projet a renforcé la capacité d’adaptation des populations et des acteurs locaux, l’un de ses enseignements les plus solides.
L’une des évolutions les plus significatives concerne la place des femmes dans les activités agricoles et économiques du territoire. Le partenariat noué avec l’Agence Nationale des élevages Ovins et Caprins (ANOC) autour du développement de petits élevages ovins - aujourd’hui très majoritairement conduits par des femmes - a renforcé à la fois leurs compétences techniques, leurs capacités de gestion et leur autonomie économique.
« Avant, on pensait qu'il était mal vu de vendre sa production. Aujourd'hui, nous avons compris qu'en commercialisant une partie de ce que nous produisons, nous pouvons améliorer les conditions de vie de toute la famille », témoigne l’une des éleveuses.
Cette dynamique doit beaucoup à la richesse du partenariat tripartite entre Agrisud International, qui assure la maîtrise d’œuvre et le pilotage opérationnel du projet, la Fondation Norsys, qui en assure la supervision locale et l’animation avec les acteurs du territoire, et l’ORMVAO, dont l’expertise technique et institutionnelle a permis d’ancrer durablement les actions du PAPSA dans les politiques publiques agricoles. Depuis la phase pilote, la Commune de Ghassate est pleinement associée à cette dynamique partenariale qui a su convaincre, phase après phase, de nouveaux financeurs - la Fondation Avril et le Fonds L’Oréal pour les femmes, aux côtés de l’AFD, pour cette dernière étape.
La matinée s’est terminée par l’inauguration de deux expositions photographiques commentées : « Des exploitations agricoles au territoire », réalisée par l’équipe du projet, et « Au cœur de l’oasis : portraits de femmes de Ghassate », réalisée par l’association Lowii à l’occasion d’une mission terrain début juillet. Deux regards qui, ensemble, racontent la même histoire sous deux angles : celle d’un projet qui a autant transformé les pratiques agricoles que les façons de décider et de coopérer.
Cette clôture n’a pourtant pas été pensée comme une fin. Dès l’ouverture de l’atelier, les intervenants ont évoqué la réplication de la démarche dans les communes voisines d’Aït Zineb et d’Amerzgane, son inscription dans le programme international AGRITER porté par Agrisud International, et sa capitalisation dans le cadre de la stratégie nationale Génération Green 2020-2030 - autant de pistes qui rejoignent les recommandations de l’évaluation finale externe pour préparer le changement d’échelle du PAPSA.
Comme un arbre qui puise sa force dans ses racines pour déployer ses branches et porter ses fruits, le PAPSA laisse à Ghassate un héritage appelé à se poursuivre bien au-delà de sa clôture. « Des racines, des branches, des fruits » : le thème choisi pour cette matinée du 27 juillet résume, mieux qu’un bilan chiffré, ce que ces années auront changé - et ce à quoi elles engagent désormais.
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