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Publié le : 01-07-2026
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Type : Projet
Dans la commune de Ghassate, au sud du Maroc, le Projet d’Amélioration des Performances du Secteur Agricole (PAPSA) arrive à son terme après près d’une décennie d’intervention. À l’heure où une évaluation finale externe est conduite par l’IRAM, les résultats témoignent d’une transformation en profondeur.
Au-delà des techniques agricoles, c’est une nouvelle manière de produire, de gérer et de coopérer qui s’est installée. Ici, des exploitations familiales autrefois fragiles et incertaines s’affirment comme de véritables unités de production, capables de nourrir et de créer de la valeur, portées par des femmes et des hommes qui savent désormais où ils vont et comment piloter leur avenir.
Une montée en compétences à l’échelle du territoire
Déployé progressivement depuis 2014, le PAPSA s’inscrit dans un territoire marqué par des contraintes fortes : ressources limitées, sécheresses récurrentes, enclavement économique. Pour y répondre, le projet a fait le choix d’une approche articulée entre exploitations, filières et territoire.
Cette intervention a permis d’atteindre une échelle significative : près de 700 exploitations accompagnées, soit environ 70 % des exploitations de la commune. Ce déploiement constitue l’un des acquis majeurs du projet, en créant un véritable socle commun de pratiques et de références à l’échelle locale.
Au-delà des techniques agricoles, les familles ont renforcé des compétences essentielles pour piloter leur activité : suivi technico-économique, calcul des marges, analyse des rendements, arbitrage des choix de production. Cette évolution marque un changement profond : les exploitations ne se contentent plus de produire, elles raisonnent désormais leurs décisions dans une logique entrepreneuriale.
Des exploitations plus résilientes face aux crises
Cette montée en compétences s’est révélée déterminante dans un contexte marqué par une succession de crises : pandémie de Covid-19, inflation, sécheresses répétées. Dans ces conditions, les exploitations accompagnées ont démontré une capacité d’adaptation renforcée.
Cette résilience repose à la fois sur les acquis techniques et sur les choix de systèmes de production. Les modèles fondés sur la polyculture-élevage, caractéristiques des systèmes oasiens, permettent de diversifier les sources de revenus et de mieux valoriser les ressources disponibles. Ils contribuent également à sécuriser les productions tout en préservant les ressources naturelles.
Par ailleurs, l’adoption progressive de pratiques agroécologiques a permis d’améliorer la stabilité des rendements et de limiter la vulnérabilité face aux aléas climatiques. Combinées aux capacités de gestion acquises, ces évolutions donnent aux exploitants et exploitantes une plus grande autonomie pour faire face aux incertitudes.
Une dynamique collective au service du territoire
Au-delà des exploitations, le PAPSA a contribué à structurer une dynamique collective à l’échelle de la commune. Collectivités territoriales, services techniques, organisations professionnelles, associations et acteurs de la formation ont été mobilisés autour d’un projet partagé.
Cette coordination s’est traduite par la mise en œuvre d’actions concrètes et complémentaires, parmi lesquelles des aménagements hydro-agricoles, des programmes d’alphabétisation et des initiatives de valorisation économique et culturelle des productions locales.
En agissant simultanément sur les dimensions productives, économiques et socio-culturelles, le projet a contribué à renforcer durablement le capital territorial. Il a également permis d’installer des mécanismes de concertation entre acteurs, aujourd’hui essentiels pour la pérennité des dynamiques engagées.
Au terme du projet, Ghassate dispose ainsi d’un capital solide : des compétences largement diffusées, des exploitations plus autonomes et une capacité collective à construire des trajectoires de développement adaptées.
Les prochaines étapes - restitution de l’évaluation finale, capitalisation et diffusion - permettront de consolider et partager cette expérience. Elles viendront prolonger une dynamique qui démontre qu’en investissant dans les femmes et les hommes, dans leurs compétences et dans la coordination des acteurs, il est possible de transformer durablement une agriculture familiale… et tout un territoire.
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Partenaires financiers : Agence Française de Développement (AFD), Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel (LSDH), Fonds L'Oréal pour les femmes, Office Régional de Mise en Valeur Agricole Ouarzazate (ORMVAO), Agrisud et autres partenaires.
Partenaires opérationnels : ORMVAO, Fondation Norsys