Entreprendre contre la Pauvreté

COP 14 : Déclaration finale de la société civile

La société civile a fait entendre sa voix à la COP14.

Après avoir participé activement à plusieurs sessions, side-events et tables rondes, c’est par l’intermédiaire de Patrice Burger, Président du CARI et membre du CA d’Agrisud, qu’elle a fait cette dernière déclaration :

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Ecouter Patrice Burger lire la déclaration finale des OSC :

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Texte de la déclaration finale des OSC :

« Mr le président, distingués délégués,

Je suis Patrice Burger Président de l’ONG CARI en France présente ici avec une délégation de 25 organisations de la société civile de 10 pays d’Afrique des réseaux RADDO et ReSaD.

Permettez-moi au nom de toutes les  organisations de la société civile présentes à la COP de  faire cette déclaration.

Au cours des deux dernières semaines, un grand nombre des 1000 représentants  enregistrés ont participé activement et avec passion à toutes les étapes de l’agenda de la quatorzième conférence des parties  COP14.

Avec l’appui de notre panel élu de représentants OSCs issus des 600 OSCs accréditées, deux sessions de dialogue ouvert ont permis de mieux partager nos préoccupations et nos contributions lors des sessions d’ouverture,  du comité plénier, du CRIC et du CST. Ainsi qu’aux tables rondes et dialogues interactifs, même si nous regrettons l’absence de débats suscités par la richesse des contributions.

Nous voulons d’abord vous remercier pour le travail réalisé ensemble. Vous aurez également constaté la mobilisation croissante des OSCs suite à l’examen du document ICCD/COP14/ 13 dans cette séance.  Nous pensons que rien d’important ne peut se faire sans la société civile.

Concernant le panel des OSCs, nous demandons une décision de la COP afin de doter celui-ci d’un représentant adjoint pour chacune des cinq régions représentées pour faire face à des impossibilités de participation. Nous souhaitons également pourvoir disposer des facilites d’interprétariat lors de la session préparatoire à la veille de chaque COP.

Nous avons partagé nos priorités, mais permettez nous de répéter les principales préoccupations que nous, organisations de la société civile, recommandons vivement aux parties ici présentes d’adopter :

  • Concernant les financements : un accès le plus direct possible aux fonds pour les communautés, en particulier les jeunes et les femmes, afin de leur permettre de s’engager encore plus fortement en matière de lutte contre la désertification et de contrer la tentation à la  migration irrégulière.
  • Concernant les bonnes pratiques : l’utilisation combinée de techniques acérées issues des connaissances traditionnelles et de la haute technologie  modernes.
  • Concernant le regard porté sur la gestion des terres : basé sur les évidences scientifiquement fondées produites par les rapports récents de IPBES, IPCC et HLPE il est désormais crucial d’élargir nos perceptions sur ce qui doit être fait, mais aussi le besoin d’autres manières de voir la gestion des terres. Et prendre en compte la coopération intergénérationnelle qui joue un rôle fondamental dans la persistance d’un mode de vie en fonction des conditions environnementales et culturelles. Les connaissances des adultes et des jeunes doivent être se réunir pour permettre la restauration des terres et marier connaissances traditionnelles et innovation.
  • En ce qui concerne les jeunes et les femmes : garantir de toute urgence l’accès à la terre au profit des jeunes et des femmes afin reconnaître et encourager leur contributions à la restauration des terres en même temps que renforcer leur incomparable rôle dans la société

 

Mr Chair, chers délégués,

La science nous confirme que la migration est étroitement liée à la dégradation des ressources naturelles notamment par pratiques d’utilisation non durables et aux faibles revenus du secteur agricole. La migration et avec elles les déstabilisations qu’elle entraine. Pourtant il existe de nombreux exemple de pratiques réussies mises en œuvre par les OSC pour la restauration des terres et les emplois verts dans les zones rurales : elles doivent être plus sérieusement soutenues et reproduites car elles ont le pouvoir d’inciter les populations à rester sur leur territoire et leur propre pays.

La coopération étroite et transparente entre les OSC, les entreprises, les gouvernements et les parties prenantes locales n’est pas une option, mais un impératif d’efficacité collective auquel personne ici ne peut prétendre se soustraire.

Concernant la sensibilisation et la nécessaire prise de conscience ainsi que la préparation de la société civile à la conférence des Parties nous affirmons que le Forum Désertif’actions dont le dernier à eu lieu à Ouagadougou Burkina Faso en juin 2019 constitue un moment unique de préparation. A cet égard nous demandons que la déclaration intitulée « Nous sommes la terre qui se défend contre la désertification ! » produite par 380 participants de 40 pays et de 240 organisations représentées soit mentionnée en annexe aux travaux sur la mobilisation de la société civile dans les décisions de cette COP14

De nombreuses demandes d’organisations de la société civile ont été présentées.

Dans certains cas, tels que la question compliquée du régime foncier, nous sommes heureux de constater que cela a été intégré.

Nous sommes cependant conscients que, notamment au niveau des pays, nombre de nos demandes et recommandations ne se sont jamais traduites dans les faits. Par exemple les OSC ne participaient généralement pas activement aux processus concernant la neutralité en matière de dégradation des terres dans les pays alors qu’elles sont porteuses d’expertise dans les trois niveaux de priorités éviter, réduire et restaurer qui fondent la neutralité en dégradation de terres. Cette situation est de notre responsabilité commune. Nous demandons des directives plus claires pour la participation des organisations de la société civile à tous les processus de la Convention et que celles-ci s’appliquent dans les pays.

Le temps est venu de la synergie voire de l’intégration entre les Accords multilatéraux de l’environnement. En particulier les conventions de Rio, sur le climat, la biodiversité et la dégradation des terres. Les faits mentionnés par la science montrent que les causes et les conséquences sont étroitement intriquées et que ces conventions convergent, voire se superposent vers un objectif unique, celui de préserver notre maison commune. Aucune de ces conventions seule ne peut y atteindre et nous ne pouvons nous payer le luxe de la compétition. Nos modes de production et de consommation doivent être changés dans cette perspective.

Nous avons la technologie, la main-d’œuvre, une participation active et des arguments scientifiquement fondés. Des moyens considérables peuvent être mobilisés si nous le voulons.

Mr le Président, chers délégués,

25 années se sont écoulés depuis la naissance de la convention. Impliqué moi-même depuis 25 ans, il y a des anniversaires qu’on préférerait ne pas fêter : la situation des terres est pire aujourd’hui que lorsque nous avons commencé. Il  n’est plus temps de se lamenter encore moins de faire de la figuration. L’avenir nous jugera.

Nous appelons à l’action concrète maintenant.

Avec vous et nous voulons dire d’une seule voix,

AGISSONS MAINTENANT DEMAIN IL SERA PEUT ETRE TROP TARD »

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Télécharger le communiqué de presse
de la Déclaration finale adoptée par les états membre « parties »
 
(in English)